Face à l’impasse persistante dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), marquée par des combats armés, des déplacements massifs et une instabilité politique chronique, l’Église catholique renforce son engagement spirituel.
Les fidèles du Renouveau charismatique catholique ont décidé de se tourner résolument vers la prière comme recours pour une issue à la crise.
Dans la province ecclésiastique de Bukavu qui regroupe les diocèses de Goma, Butembo-Beni, Bukavu, Uvira et Kasongo, une série de prières et de jeûnes a été lancée cette semaine.
L’initiative vise à invoquer non seulement une paix durable, mais surtout une révélation divine pour orienter les intercessions en faveur des autorités congolaises.
« L’objectif de ces prières n’est pas seulement d’obtenir une réponse immédiate, mais de recevoir une inspiration : savoir quoi demander à Dieu pour nos dirigeants », a déclaré Muhire Bake, membre du Renouveau charismatique catholique à Goma.
Dans cette dynamique, chaque diocèse prend part à une rotation de prière et de jeûne.
Ce jeudi, c’était au tour de la garde charismatique de Goma d’entrer en scène, avec une liturgie inspirée de la prière d’Ananie, appelant les fidèles à « se fondre dans la cendre », un geste symbolique de repentance collective et d’humilité face à Dieu.
« L’Éternel nous appelle à demander la sagesse et l’intelligence pour nos dirigeants, afin qu’ils puissent gouverner avec justice et discernement », a ajouté M. Muhire, citant un passage biblique largement repris dans les homélies.
Pendant ce temps, à Kinshasa, la hiérarchie catholique s’active également sur le plan politique. En collaboration avec les Églises protestantes, les évêques congolais cherchent à favoriser un dialogue national inclusif, qui irait au-delà des discussions entamées à Doha, au Qatar, entre certaines factions politiques.
Malgré les multiples initiatives nationales et internationales, la situation sécuritaire reste précaire dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les groupes armés, dont le M23, continuent de semer la terreur, poussant des centaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers.
L’Église, fidèle à son rôle historique de médiateur, s’accroche à une stratégie spirituelle autant que sociale.
La rédaction











