Dans une société où les métiers artistiques sont souvent perçus comme réservés aux hommes, Foybe Kokola Malisawa, une jeune femme de 23 ans, défie les stéréotypes en gagnant sa vie grâce à la peinture. Résidant au quartier Matonge, dans la commune de Mulekera, elle s’est imposée comme une figure inspirante dans le paysage artistique de la ville cosmopolite de Beni.
Abandonnée par le père de ses deux enfants, Foybe n’a pas baissé les bras. Elle a transformé sa passion en une véritable source de revenus. “Mes revenus sont très variables et dépendent de nombreux facteurs comme mon talent, la demande, et ma capacité à faire connaître mon travail”, explique-t-elle. “Au début, je peignais en dilettante, mais les réalités de la vie m’ont appris à prendre les choses en main. Aujourd’hui, je me débrouille au quotidien.”
Un talent qui embellit la ville
Spécialisée dans la peinture à l’huile et à l’eau, Foybe Kokola intervient dans différents lieux : habitations, écoles, boutiques, églises… Son travail est apprécié pour sa qualité et son sens esthétique. Dans un contexte souvent marqué par l’insécurité, son parcours redonne une image plus positive de Beni, ville souvent associée à la violence.
Encadrée par Bienfaits Kasereka, peintre expérimenté et reconnu dans l’Est de la RDC, Foybe ne manque pas de commandes. “Je suis sollicitée presque tous les jours pour des travaux de peinture”, confie-t-elle. Cependant, ce métier n’est pas sans défis.
Des défis persistants dans un métier dominé par les hommes
Outre les contraintes techniques du métier, la jeune artiste fait face à des comportements déplacés de la part de certains clients. “Ma renommée m’attire parfois des ennuis. Certains hommes inconscients tentent des avances ou exercent des pressions inappropriées. Ce n’est pas facile de résister, mais je reste concentrée sur mes objectifs et j’évite les situations destructrices”, affirme-t-elle avec courage.
Un héritage familial et une mission d’émancipation
Fille d’un peintre, Foybe a grandi dans un environnement artistique. “Déjà toute petite, je savais manipuler un pinceau grâce à mon père”, raconte-t-elle. Elle encourage d’autres jeunes filles à s’engager dans les métiers artisanaux pour acquérir une autonomie financière et échapper aux humiliations souvent imposées par certains hommes.
“Je veux montrer qu’on peut réussir sans dépendre de qui que ce soit. Les filles doivent croire en leur potentiel et oser prendre leur destin en main”, insiste-t-elle.
Aujourd’hui, plusieurs centres de formation professionnelle existent dans la ville et le territoire de Beni, contribuant à la transformation positive de la communauté locale. Des initiatives qui, comme le parcours de Foybe Kokola Malisawa, offrent des alternatives concrètes à la pauvreté et au découragement des jeunes.
Par : Paul Zaïdi
Pour Lesvolcansnews.net










