Sud-Kivu : trois morts par balles en 48 heures à Uvira, le mouvement citoyen alerte sur la montée de l’insécurité

En l’espace de deux jours, au moins trois personnes ont été tuées par balles et une autre grièvement blessée dans deux incidents distincts perpétrés par des hommes armés non identifiés dans la ville et le territoire d’uvira dans la province du sud-kivu, ont alerté jeudi des acteurs de la société civile.

Deux corps retrouvés à Kalundu

La nuit du mardi au mercredi a été particulièrement meurtrière dans le quartier Songo, en commune de Kalundu. Deux jeunes hommes, âgés respectivement de 25 et 28 ans, ont été retrouvés sans vie, criblés de balles.

« Le premier corps a été découvert sur l’avenue du Marché, le second gisait sur l’avenue du Stade. Ces jeunes ne sont pas originaires du quartier. Ils auraient été amenés sur place par des hommes armés avant d’être froidement exécutés », a déclaré Dunia Amisi, coordinateur du mouvement citoyen Machozi ya Raiya en ville d’Uvira.


L’activiste appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à mener des enquêtes urgentes :

« Nous appelons les autorités compétentes à diligenter des enquêtes sérieuses afin que les auteurs soient identifiés, arrêtés et traduits en justice », a-t-il insisté.

Un militaire tire sur deux jeunes dans une salle de match

Toujours dans la région, un autre drame s’est produit mercredi soir dans le groupement de Runingu, territoire d’Uvira. Aux alentours de 21h, un homme en tenue militaire a ouvert le feu dans une salle où des jeunes regardaient un match de football.

« Deux garçons suivaient la rencontre entre Barcelone et Inter Milan lorsqu’un individu en uniforme a fait irruption et tiré à bout portant. L’un, nommé Kigabi, est décédé sur le champ. L’autre a été grièvement blessé et transporté d’urgence dans un dispensaire », a rapporté Richard Alimasi Mutingwa, coordinateur de Machozi ya Raiya dans le territoire d’Uvira.

Ce dernier dénonce une dégradation continue de la situation sécuritaire dans la zone : 

« Compte tenu de l’absence d’une autorité territoriale effective, nous condamnons fermement ces actes inhumains qui se répètent dans la région. Nous demandons aux autorités provinciales de s’impliquer urgemment pour que l’administrateur du territoire soit actif et joue pleinement son rôle. »

Un climat d’impunité dénoncé

Ces incidents relancent le débat sur l’inefficacité des mesures de sécurité dans plusieurs zones du Sud-Kivu, où les groupes armés prolifèrent et les autorités locales peinent à restaurer l’ordre.

Le mouvement Machozi ya Raiya appelle à une réponse forte des autorités pour endiguer ce cycle de violence et protéger la population civile, de plus en plus exposée.

La rédaction