La situation sanitaire du territoire d’Idjwi, dans la province du Sud-Kivu, est de plus en plus préoccupante. Selon le Médecin chef de zone, Aimé Nkemba, les structures sanitaires de cette région sont confrontées à des difficultés majeures, notamment l’incapacité d’accéder aux médicaments essentiels pour la prise en charge des malades.
“Les structures sanitaires ont difficilement accès aux médicaments pour la prise en charge des malades. Même le remboursement des soins par les mutuelles de santé cause problème, car les banques ne fonctionnent plus. Cette guerre a tout handicapé”, a-t-il déploré.
La crise est exacerbée par l’impact de la guerre dans l’Est de la République Démocratique du Congo, qui a perturbé de nombreux services essentiels, y compris les soins de santé. Le Médecin chef a également exprimé ses préoccupations concernant la mise en œuvre de la politique gouvernementale de gratuité de la maternité et de la prise en charge médicale des enfants de 0 à 1 mois.
“Cette prise en charge décrétée par le gouvernement devient de plus en plus difficile car le projet de subvention des fonds destinés à cette catégorie de la population n’arrive pas à remplir son rôle”, a-t-il expliqué.
Les structures sanitaires d’Idjwi, déjà fragilisées, se retrouvent donc dans une situation de précarité extrême. Depuis janvier 2025, le grand projet soutenu par la Banque mondiale, qui garantissait la prestation des soins de santé, est suspendu en raison de la guerre.
“Depuis janvier 2025 jusqu’à ce jour, les prestataires ne fonctionnent que pour renouveler les stocks en médicaments dans les structures sanitaires. Le personnel n’est pas payé”, a-t-on appris de sources sanitaires locales.
Face à cette situation, le Médecin chef de zone a lancé un appel urgent aux autorités nationales et internationales, ainsi qu’aux organisations locales, pour qu’elles apportent une aide immédiate aux structures sanitaires d’Idjwi.
“Je sollicite l’intervention des autorités et d’autres organisations, tant nationales qu’internationales, pour qu’elles viennent en aide à ces structures sanitaires d’Idjwi afin que la population, ainsi que les déplacés de guerre, puissent bénéficier des soins de qualité”, a-t-il insisté.
La situation à Idjwi, qui accueille un nombre important de déplacés en raison des conflits armés, reste donc extrêmement fragile, et la priorité est de garantir l’accès aux soins de santé dans les meilleures conditions possibles, malgré les difficultés logistiques et financières rencontrées par les structures locales.
la redaction










