La dixième édition du Festival Amani a débuté ce samedi 16 novembre à Goma, dans la province du Nord-Kivu, un jour après la date initiale prévue.
Ce grand événement culturel, dédié à la paix et à la cohésion sociale, attire des milliers de personnes chaque année, malgré un contexte régional marqué par l’insécurité persistante.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui participe activement à cette dixième édition, a salué l’engagement des jeunes du Nord-Kivu dans la culture, notamment pour la cohabitation pacifique et la prévention du recrutement dans les groupes armés.
Ces jeunes, confrontés à l’instabilité due aux conflits, représentent un enjeu majeur dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, conséquence directe des violences et des déplacements massifs de populations.
“Ce festival de la paix est très important car les déplacés autour de Goma, dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et en Ituri, ont une préoccupation principale : la paix. Sans la paix, ils resteront toujours dans les camps de déplacés. Ils souhaitent la paix pour pouvoir revenir chez eux,”a déclaré Wilfred Nkwambi , chef de la zone Est-RDC pour le PAM, soulignant l’importance de la stabilité pour permettre aux populations vulnérables de retrouver un quotidien normal.
En effet, sans la paix, la problématique de l’insécurité alimentaire ne pourra être résolue. Le PAM rappelle que plus de 60% de la population déplacée dans la région sont des enfants en âge scolaire.
“Sans la paix, les enfants ne vont pas à l’école. Nous risquons de perdre une génération entière et ces jeunes deviendront les victimes de la violence, recrutés par les groupes armés, entraînant ainsi un cycle de violence qui se perpétuera,”a ajouté Wilfred.
Avec un engagement financier de 7 millions de dollars en terme de transfert monnaitaire par mois et fournir 10 000 tonnes de vivres, l’organisation PAM soutient environ 1,5 million de personnes, incluant déplacés, retournés et populations autochtones. Malgré ces efforts, la situation demeure préoccupante dans une région qui abrite plus de 2,5 millions de déplacés, forcés de fuir leurs foyers à cause des violences.
Les organisateurs du Festival Amani insistent sur l’importance de l’investissement dans les jeunes comme levier pour un futur plus pacifique.
“Si les jeunes vivent dans un environnement de conflits et de déplacements, ils seront toujours tentés par la violence et le recours aux armes. Il est essentiel de les intégrer dans des projets de développement culturel et éducatif pour briser ce cycle,” conclut un expert du PAM.
La rédaction









