Le président de la République Démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a lancé ce mercredi 25 septembre 2024 un appel ferme à la communauté internationale pour l’imposition de sanctions ciblées contre le Rwanda. C’était lors de son discours à la 79e Assemblée générale des Nations Unies à New York. Il a dénoncé le soutien présumé du Rwanda aux rebelles du M23, accusés de commettre des atrocités dans l’est de la RDC. Tshisekedi a qualifié cette situation de « violation majeure » de la souveraineté de son pays, et a insisté sur le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais.
Le chef de l’État a souligné les conséquences humanitaires désastreuses de cette crise, notamment les 7 millions de déplacés internes provoqués par le conflit dans l’est du pays. Il a rappelé que bien que des initiatives diplomatiques, telles que le processus de paix de Luanda, soient encourageantes, elles ne doivent pas détourner l’attention de l’urgence de la situation.
Par ailleurs, Tshisekedi a profité de son intervention pour annoncer la candidature de la RDC au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2026-2027. La veille, il s’était entretenu avec le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur la situation sécuritaire à l’est de la RDC et l’évolution des efforts diplomatiques dans la région des Grands Lacs.
En contraste, le président américain Joe Biden, lors de son propre discours devant l’Assemblée générale, a omis de mentionner la RDC parmi les pays touchés par des crises sécuritaires. Biden a souligné les conflits en Ukraine, au Soudan et dans la bande de Gaza, sans faire référence aux violences persistantes dans l’est du Congo. Cette omission a suscité des inquiétudes chez de nombreux observateurs congolais, qui regrettent que la RDC, avec des décennies de conflits armés et plus de 15 millions de morts, soit reléguée en arrière-plan des préoccupations internationales.
Malgré l’ampleur des violences infligées par les groupes armés tels que le M23, les ADF et la CODECO dans des régions comme le Nord-Kivu et l’Ituri, la situation humanitaire dramatique de millions de déplacés en RDC semble recevoir peu d’attention de la part de la communauté internationale.
Magloire MUTULWA









