Il faut une éruption pour payer les agents ?
La grève sèche du personnel de l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG), dans l’est de la République Démocratique du Congo, perdure depuis mai 2024.

“Nous poursuivons notre grève sèche. Nous continuons à réclamer sans relâche nos 9 mois de primes impayées à compter du mois de mai 2024”, peut-on lire sur un tableau noir affiché à l’entrée de l’OVG.
Le mouvement s’est intensifié après une réunion cruciale du 13 septembre 2024, au cours de laquelle la délégation syndicale, réunissant tout le personnel, a décidé de maintenir la grève jusqu’au règlement complet des impayés. Cette décision survient dans un contexte particulièrement préoccupant : le volcan Nyiragongo, dont l’activité est potentiellement dangereuse.
Pour pallier cette situation critique, un accord avait été conclu le 23 juin 2024 entre le comité de gestion et le syndicat, prévoyant la création d’une commission de surveillance du volcan Nyiragongo. Cette commission, a précisé un communiqué officiel, est composée de chefs de départements, de trois chercheurs par département, de quatre techniciens et de deux chauffeurs.
« La commission mise en place par le comité de gestion et la délégation syndicale est un acte de patriotisme dans un cadre humanitaire. Nous mettons en garde quiconque tentera de communiquer sur l’activité du volcan Nyiragongo en utilisant le nom de l’OVG sans mandat », lit-on dans le communiqué diffusé ce vendredi.
Cependant, malgré ces mesures, la situation reste tendue. Le 21 juin 2024, une lueur inquiétante a été observée au sommet du Nyiragongo à 18h30, provoquant une panique générale à Goma, amplifiée par les réseaux sociaux et exacerbant la psychose déjà présente parmi la population.
Dans ce climat de méfiance et d’incertitude, la question persiste : faut-il attendre une éruption pour que les agents de l’OVG soient rémunérés ? La situation actuelle met en lumière les défis cruciaux du suivi volcanologique dans un contexte de crise sociale et économique.











