Le climat politique au Sud-Kivu vient de connaître un nouveau bouleversement avec la révocation de Madame Dorothée Masirika Nganiza, ministre provinciale en charge de l’économie, de l’industrie, du commerce, de l’entrepreneuriat et de la fonction publique.
Cette décision, actée par un arrêté signé le 9 septembre, est le résultat d’une série de griefs graves à l’encontre de la ministre, qui met en lumière des dysfonctionnements et des tensions au sein du gouvernement provincial.
Selon l’arrêté du gouverneur Jean-Jacques Purusi, Madame Masirika Nganiza a été accusée de plusieurs fautes lourdes.
La première accusation concerne une suspension non autorisée du Chef de Division de l’EPMEA, effectuée sans l’accord préalable de sa hiérarchie. Ce manquement aurait provoqué des perturbations au sein des structures administratives locales.
En outre, la ministre est accusée d’avoir sollicité un prêt bancaire de 5 millions de dollars américains au nom de la province, sans l’aval de l’Autorité Provinciale, de l’Assemblée Provinciale ou du Conseil des Ministres Provinciaux.
Cette démarche, qualifiée d’inappropriée et de non conforme, a suscité des inquiétudes quant à la gestion des finances provinciales.
L’autorisation donnée par Madame Masirika Nganiza pour la reprise des activités de deux sociétés minières à Fizi, malgré des paiements jugés insuffisants, est également épinglée. Cette décision aurait contourné les procédures établies par le groupe d’experts ad hoc désigné par le gouvernement provincial, entraînant des interrogations sur la transparence et la rigueur dans la gestion des ressources minières.
La gestion des fonds pétroliers a également été mise en cause. La ministre aurait ordonné au Chef de Division provinciale des Finances d’enrôler et d’ordonner les fonds issus des produits pétroliers sans en informer sa hiérarchie, ce qui aurait provoqué le mécontentement du Club des pétroliers, et mis en lumière des tensions dans la gestion des ressources financières de la province.
En outre, Madame Masirika Nganiza est accusée d’avoir procédé à des nominations et mouvements de personnel sans l’accord de sa hiérarchie, ainsi que d’avoir retardé la mise en place de mesures fiscales destinées à alléger les tracasseries administratives et à lutter contre la fraude fiscale.
Nommée à ce poste le 28 juin 2024, Dorothée Masirika Nganiza était issue du même parti politique que le gouverneur, l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), dirigée par Modeste Bahati Lukwebo. La rapidité et la gravité de cette révocation soulignent la volatilité du paysage politique provincial et les tensions sous-jacentes qui peuvent émerger même au sein d’un même parti politique.
La situation reste en évolution, et il est probable que cette révocation ait des répercussions importantes sur la stabilité politique et administrative de la province.
La rédaction










