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Ituri/villes mortes : Scellage promis des boutiques par la mairie d’un côté, est-ce légal ? Plusieurs soutiens à la société civile de l’autre côté (Ping-pong)

Ituri/villes mortes : Scellage promis des boutiques par la mairie d’un côté, est-ce légal ? Plusieurs soutiens à la société civile de l’autre côté (Ping-pong)

Le maire de Bunia s’oppose catégoriquement à une série de journées villes mortes décrétées par la coordination provinciale de la société civile de l’Ituri à partir de ce mercredi 18 janvier 2023.

Le commissaire supérieur principal John Cabuine qui dit ne pas reconnaître ces appels, menace de sceller chaque boutique qui n’ouvrira pas sa porte. Il appelle la population à vaquer librement chacun à ses occupations.

Le numéro 1 de la ville de Bunia qui parle d’un sabotage de la part de cette structure citoyenne estime que le « problème de l’Ituri ne sera pas résolu par des journées ville morte ». Traitant d’un « opposant » le coordonnateur de la société civile, John Cabuine, s’interroge si Lossa distribuera de la nourriture à cette population qui vit au taux du jour.

 » Lossa est un intellectuel et il connaît où se situe le problème de l’Ituri parce que c’est un iturien. Le problème de l’Ituri n’est pas dans les villes mortes, le problème de l’Ituri est situé dans le manque de confiance entre communautés. Est-ce que si la population reste à la maison à la maison, est-ce que le problème de l’Ituri sera résolu ?. Ma décision est que les gens fassent leurs travaux, qu’ils ouvrent leurs boutiques car nous ne refusons pas que les gens meurent mais est-ce que pour des morts, faut-il que les vivants dorment affamés ? Celui qui fermera son magasin verra sa boutique être scellée et le lendemain, tu viens payer l’amende  » a dit le maire de Bunia.

De son côté, la société civile insiste et persiste en appellant la population à l’observance de ces 3 journées en mémoire des victimes.

Des réactions suite à ces journées villes mortes

Pour commencer, le directoire de l’association culturelle Ente, regroupant la communauté Hema apporte son soutien total à cette initiative de la société civile et demande à ses membres ainsi que toute la population de l’Ituri victime des barbaries armées d’observer strictement ce mot d’ordre qu’il qualifie de patriotique.

De l’occasion, Lonema Vajeru, son président national, demande au gouvernement congolais de prendre ses responsabilités pour mettre fin aux massacres de sa population, aux pillages de ses ressources et aux destructions méchantes des infrastructures socio économiques de bases.

 » Le directoire national de l’association culturelle Ente regroupant la communauté Hema apporte son soutien total à l’initiative des journées villes mortes décrétées par la société civile en mémoire des victimes des atrocités de CODECO et ADF et particulièrement pour demander au gouvernement congolais de prendre en main ses responsabilités pour mettre fin aux massacres de sa population  » pense Lonema Vadjeru.

La chambre du conseil Hema et les 5 communautés victimes des atrocités commises par les groupes armés en Ituri soutiennent cette décision visant à compatir avec toutes les familles dont les membres ont été tués depuis décembre 2017. Pour ces structures, d’autres actions de grande envergure sont dans leurs tiroirs si et seulement si le gouvernement congolais n’arrive pas à rétablir l’autorité de l’état sur toute l’étendue de la province.

 » Le gouverneur militaire de l’état de siège de la province de l’Ituri doit tout simplement démissionner. Pour la chambre du conseil Hema, les actions des trois de la ville morte décrétées par la société civile ne sont pas suffisantes [••••••]. Concernant le mot d’ordre lancé par la société civile supposée réveillée et constante cette fois-ci, nous nous alignons derrière elle  » ont indiqué Mateso Savo et Vicky Ngona, respectivement chargé d’administration ainsi que conseiller juridique de la chambre du conseil et porte parole des G5.

En territoire de Mahagi, la société civile se conforme à la décision de 3 journées ville morte décrétées par la coordination provinciale. Maître Abekane Akuwa Emmanuel, le premier vice-Coordonnateur et Porte-Parole de la socimag confirme que tout Mahagi a l’obligation de se respecter cette décision car ce territoire est l’une des parties de l’Ituri qui traversent un calvaire sécuritaire en ce jour.

Il faut signaler que même l’ancien gouverneur de l’Ituri Jean Bamanisa Saidi dans un message devenu viral sur les réseaux sociaux, a apporté son soutien à cette mesure de la société civile car ayant la mission d’interpeller l’armée à bien accomplir sa mission, celle de défendre l’intégralité territoriale.

Réponse à la question initiale

Un internaute juriste estime que le scellage dont pense le maire policier n’est légal car cela n’est pas dans son pouvoir.

 » Le Maire n’est pas compétent pour ça. Ça l’expose. On n’utilise pas le pouvoir pour opprimer ou intimider les gens. Il met les cadenas et après les propriétaires refusent de poursuive les activités, arrêtent de payer les taxes. Comment va t-il trouver les moyens pour la survie de son entité ? » s’interroge maître Xavier Maki.


La société civile, coordonnation provinciale de l’Ituri, qui dit avoir dénombré 89 morts des civils en l’espace de 10 jours soit du 06 au 15 janvier 2023, a décrété ces 3 journées à partir du mercredi 18 janvier pour compatir avec les familles des victimes. Une série de journées ville morte qui, selon Dieudonné Lossa, concerne aussi les les écoles et universités au-delà des activités économiques et transpotieures.

Nickson Manzekele depuis Bunia

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