Culture : les coulisses des cérémonies funéraires à l’Est de la RD Congo (chronique)

En vrai dire, la République Démocratique du Congo fait face à un taux de mortalité assez élevé lié aux conditions de vie : famine, maladie, guerre. Autant d’éléments qui ont quelque peu banalisé la mort dans sa partie orientale soumise à une guerre asymétrique du terrorisme.

Plus une personne est élevée dans la société, plus elle a contribué à l’enrichissement de sa communauté, plus ses obsèques seront spectaculaires.

Alors, les funérailles du défunt dépendront de son âge et de son statut social. Les liens qui unissent des tribus, des familles, sont très forts. D’où la nécessité des cotisations pendant la période de précarité.

Et automatiquement, une veillée a lieu lorsqu’un être cher perd la vie. Cette veillée peut durer de nombreux jours.

Ce rite social et religieux est important, il s’agit d’une tradition qui a aussi pour vocation de prier pour la famille du défunt, l’aider à traverser cette période difficile.

De nos jours, les endeuillés peuvent même porter des T-shirts à l’effigie du défunt, des badges. C’est une manière plus évidente de rendre hommage au disparu.

Les obsèques peuvent durer plusieurs jours. Pour l’occasion, les familles endeuillées mettent tout en œuvre pour que les adieux à leur défunt soient exceptionnels.

La tradition veut que l’on invite tout le monde de l’entité affectée par le deuil, à un repas au dernier hommage rendu au défunt appelé “levée de deuil”.

De plus, les funérailles font également l’objet de tensions au sein d’une famille pour ce qui est de l’héritage du défunt. Les reproches fusent, la culpabilité naît. Des conflits surviennent régulièrement.

PAUL ZAÏDI