Masisi : Fatigués par la vie difficile, les ex-combattants de Mubambiro sèment la panique en bloquant la route Goma-Sake

Une vive tension a été perceptible toute la matinée de ce vendredi 30 septembre à Mubambiro, dans le groupement Kamuronza en territoire de Masisi au Nord-Kivu, où les ex-combattants cantonnés dans cette agglomération sont descendus dans la rue pour bloquer la route Goma-Sake sur la RN2.

D’après les témoignages de ces ex-miliciens cantonnés dans ce centre de transit de Mubambiro, leur acte s’explique par le manque criant d’une prise en charge, principalement alimentaire depuis maintenant 2 (deux) semaines.

Abri d’un ex-combattant à Mubambiro

Tout en dénonçant les conditions de vie précaires traversées, ils pointent du doigt accusateur les autorités congolaises qui tiennent toujours à leur encontre des promesses qui s’avèrent non tenues depuis maintenant plus de 5 ans.

«Depuis longtemps nous décrions les mauvaises conditions de vie que nous traversons, malheureusement, ces paroles finissent dans les bureaux des autorités sans suite. Ça fait déjà 2 (deux) semaines sans manger dans ce centre, certains camarades commencent à mourir suite aux mauvaises conditions de vie, Nous venons de passer beaucoup de temps ici à Mubambiro, un lieu censé être transitoire selon le chef de l’État», fait savoir l’un des manifestants.

Et de poursuivre,

«Certains ont fait plus de 5 ans ici. Ils nous ont promis la prise en charge dans un délai ne dépassant pas 8 mois. Regardez où nous en sommes maintenant».

Signalons qu’après l’arrivée d’une délégation dépêchée par la province, la situation est redevenu calme ce vendredi au début d’après-midi. Toutefois, ces ex-miliciens promettent de redescendre dans la rue si une solution n’est pas trouvée.

Le centre de cantonnement de Mubambiro heberge à ce jour près de 1550 ex-combattants qui ont déjà reçu les cartes d’identifications biométriques du P-DDRCS depuis le début de cette année sauf que la prise en charge pour leur formation professionnelle afin d’être intégrés dans la communauté continue à se faire attendre.

En rappel, le jeudi 28 juillet dernier, le Gouverneur militaire Constant Ndima Kongba s’était rendu sur place pour calmer la tension de près de 400 rendus et leurs dépendants qui étaient en chemin de retour dans leurs milieux respectifs suite au manque d’encadrement dans ce centre.

Jérémie Kabali