Nord-Kivu : 2ème journée consécutive des sit-in à Rutshuru

Les membres et activistes de la société civile et des différents mouvements citoyens de Rutshuru au Nord-Kivu ne décolèrent pas.

Malgré la première journée de sit-in ce jeudi 22 septembre 2022 et qui s’est transformée en marche spontanée de colère dans la quelle 1 personne a trouvé la mort et 3 autres grièvement blessées, ces activistes ont bravé la peur et ont pris d’assaut de nouveau l’esplanade des installations du bureau de la chefferie et de l’administrateur du territoire de Rutshuru pour la deuxième fois consécutive ce vendredi 23 septembre 2022.

Par ces actions déclenchées sur appel de la Coordination Territoriale de la société civile de Rutshuru, ces activistes visent à dénoncer le silence voir la passivité coupable des autorités congolaises au sujet de l’occupation de plusieurs entités de ce territoire, dont la côte frontalière de Bunagana par les rebelles du mouvement du 23 mars, (M23), depuis trois mois maintenant.

Pour Manouveau Nguka, un des acteurs de la société civile de Rutshuru et coordonnateur de l’organisation BADILIKA, ils cesseront leurs sit-in jusqu’à ce que Kinshasa ordonne aux FARDC de lancer des offensives contre les rebelles du M23 qui semblent régner en maître dans la cité de Bunagana.

“Nous venons de lancer des manifestations illimitées jusqu’à ce que Bunagana soit libéré des mains du M23 et que les déplacés puissent retourner dans leurs villages. Vous savez vous même que c’est depuis le mois de novembre dernier que les terroristes du M23 attaquent certains villages dans le groupement de Jomba jusqu’à ce que aujourd’hui, à 100% Jomba est occupé par ces rebelles du M23 et à 96% le groupement voisin de Bweza sans citer certaines localités du groupement Busanza. Alors, depuis ce temps là nous sommes seulement en train d’assister à des attaques répétitives des rebelles mais nous ne voyons pas notre armée agir et c’est pourquoi suite à l’inaction du gouvernement dans le sens de neutraliser cette force négative, nous venons de prendre l’initiative de ne jamais quitter l’esplanade du Bureau de l’AT de Rutshuru jusqu’à ce que Bunagana soit récupéré,” a-t-il indiqué.

Notons que depuis l’occupation de Bunagana par les M23, la cité est déserte et aucune activité socio-économique n’a repris. Selon des sources douanières, la douane de Bunagana qui génère entre 4 et 5 millions de dollars chaque mois n’a pas atteint ce chiffre car tous les bâtiments publics y compris les bureaux administratifs de la DGDA, DGM, de l’OCC et ceux du groupement de Jomba ont été vandalisés et leurs matériels pillés par ces rebelles.

A ce jour, 4 des 14 groupements que compte le territoire de Rutshuru sont sous le joug de la guerre de cette rébellion dénoncent les défenseurs des droits de l’homme dans la région qui dressent un bilan de 150.000 personnes ayant fuit ces atrocités.

Victoire Muliwavyo