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L’axe Walikale-Itebero : la route de l’impossible

L’axe Walikale-Itebero : la route de l’impossible

Le territoire de Walikale au Nord-Kivu dans l’Est de la RDC est connu de par le monde suite à ses richesses minières et forestières. Mais il reste le territoire le plus enclavé de tous les territoires du Nord-Kivu. Walikale est le carrefour entre les villes de Goma au Nord-Kivu, Bukavu au Sud-Kivu et Kisangani dans la province de la Tshopo. Toutes les routes qui relient Walikale à ces trois grandes villes sont dans un état piteux. Actuellement, la route Walikale-Kisangani (plus de 400kms) reste la seule exploitée pour ravitailler Walikale en produits de première necessité. Les deux autres, notamment Walikale-Goma et Walikale-Bukavu sont dans un état d’impraticabilité avancée.

Walikale-Itebero : 36 kms pour 4heures de marche à moto

Quitter Walikale pour Itebero, il faut 4 heures de marche à bord d’une moto pour espérer parcourir les 36 kms qui séparent les deux agglomerations. Sur les 36kms, 12 seulement (de Walikale à Nyasi) sont praticables en période de saison sèche. Mais, lorsqu’il pleut, c’est le calvaire pour les usagers de cette route. Cette prétendue praticabilité est possible grâce au cantonage manuel initié par l’attributaire de l’axe Walikale-Itebero-Musenge-Hombo Nord.

Pour se frayer le passage sur cette route de l’impossible, les taximen motos sont obligés d’utiliser ce qu’ils appellent « RAILLES », c’est à dire, toutes les motos doivent passer au même endroit pour ne pas s’embourber. Les véhicules, eux, n’ont même pas où mettre le pneu. Difficile donc pour les chauffeurs d’emprunter cet axe routier situé sur cette route d’intérêt national. Il y a même certains endroits où deux motos ne peuvent pas se dépasser car les herbes tendent à couvrir la prétendue chaussée. En tout cas, c’est sur cette route que le principe dit « AU VOLANT, LA VUE C’EST LA VIE » s’applique en entierté, sinon, c’est la mort assurée.

Une autre difficulté : les ponts

Etant donné que Walikale regorge aussi des resources hydroluques non négligeables, la route Walikale-Itebero a aussi plusieurs cours d’eau. Les ponts jetés sur différentes rivières sont sur le point de ceder. D’autres n’existent presque plus. Il n’y a que des troncs d’arbres qui servent de ponts et sur lesquels les taximen doivent rouler avec tous les risques de tomber. Pour traverser un « pont », le taximan moto est obligé de faire descendre ses clients. Le plus grand risque, c’est avec ceux qui transportent la cassitérite exploitée dans le secteur de Bakano. Avec tout ce poid, ils passent sur ces ponts de fortune sans decharger leurs colis, ce qui peut provoquer des cas d’accident pouvant ainsi conduire à la mort.

Des initiatives locales pour tenter de sauver les meubles

Pour tenter de sauver la situation, la population de différents villages longeant cette route de donne au debroussaillage afin de peemettre aux rayons solaires d’atteindre la chaussée et secher ainsi les bourbiers qui s’y sont créés. Les habitants de la région ont résolu ainsi pour faciliter le passage aux usagers de cette route, mais la situation demeure compliquée pour eux.

L’intervention du gouvernement pour réhabiliter cette route d’intérêt national reliant les provinces du Sud-Kivu, Nord-Kivu, Maniema et la Tshopo est plus qu’urgent pour desenclaver cette partie du pays et contribuer ainsi à l’essort économique de Walikale.

De retour d’Itebero, Moussa Didy BUNAKIMA

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