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Lutte contre la traite des personnes : l’agence pour la prévention créée par le président Félix Tshisekedi débarque à Goma

Lutte contre la traite des personnes : l’agence pour la prévention créée par le président Félix Tshisekedi débarque à Goma

L’agence pour la prévention et la lutte contre la traite des personnes (APLTP) est bien engagée à mettre fin au marché florissant de la traite des personnes au Nord-Kivu. Elle dispose de plusieurs moyens qu’elle entend déployer dans le combat. Ce mercredi à Goma, elle a tenu un atelier de formation des acteurs des droits de l’homme de divers horizons qui descendent sur terrain dès ce jeudi, pour trois jours de sensibilisation à Goma.

L’APLTP est née à l’initiative du président de la république qui a signé une ordonnance qui l’a instituée le 22 avril 2019. Elle a été mise en place dans le cadre de sa politique à promouvoir les droits de l’homme en RDC.

La traite des personnes c’est un véritable phénomène qui fait des victimes dans un silence quasi-général. Elle se fonde sur 3 piliers : l’acte, le moyen et la finalité. L’acte consiste en recrutement, transport, hébergement et accueil des personnes qui sont déplacées de fois d’une région du monde à une autre.

Les moyens qu’utilisent les bénéficiaires de la traite pour prendre au piège leur proie sont souvent la menace de recours ou le recours à la force, la contrainte, l’enlèvement, la fraude, la tromperie, l’abus d’autorité, l’offre de paiement ou d’avantages.

Leur finalité est d’utiliser la victime dans la prostitution ou l’exploitation sexuelle. Ils lui font parfois un prélèvement d’organe, la soumet à l’esclavage ou aux pratiques analogues, au travail forcé, etc.

Une population prévenue va bloquer la traite

Les agents de l’APLTP sont à Goma pour aligner les troupes face à la traite des personnes. Ils ont la conviction que si les habitants de Goma prennent conscience de ce mal silencieux, ils vont être partie prenante à cette pratique qui enlève en général des jeunes et des enfants à leurs familles, et cela souvent pour de bon.

‘’Nous sommes venus pour dire à la population de faire attention par rapport à ce phénomène d’esclavagisme moderne et que la population arrive à dénoncer lorsqu’on est en présence des bourreaux qui pratique ce genre de chose’’, explique Sylvie Ntumba, la chargée de sensibilisation à l’APLTP.

Toutes sortes des méthodes seront mises à contribution pour atteindre la population. ‘’Nous allons faire une sensibilisation de masse, nous allons faire la sensibilisation à la crier, nous allons partager les petits messages que nous avons amenés pour que la population puisse connaitre et qu’elle arrive à dénoncer des cas de traite de personnes’’, indique-t-elle.

Une idée louable!

C’est l’appréciation de Janvier Murairi, coordonateur de la plateforme anti-esclavagiste Coescae, sur l’initiative de l’APLTP. Avec son expérience de 11 ans dans la lutte contre l’esclavage moderne, il affirme que le Nord-Kivu est sans doute une province où émerge l’esclavagisme. Il est régulièrement au contact avec des cas que ce soit au Nord-Kivu ou encore au Sud-Kivu.

‘’Nous avons documenté des cas de mariage forcé, on vient de nous en parler. Nous avons documenté des cas de servitude pour dette, des cas de domesticité, des cas mendicités forcées. D’ailleurs pour les cas de mendicité forcée, allez au rond-point BDGL ici, vous allez trouver des enfants qui sont en train de mendier. Mais si vous avez des luttes anti-esclavagistes vous qu’à côté il y’a des adultes qui sont en train de surveiller des mouvements de ces enfants et qui in fine à la fin de la journée ces enfants doivent faire rapport à ces adultes-là. Donc nous ne sommes pas en train de parler des choses inexistantes. La traite des êtres humains existent encore’’, fait-il savoir.

En mars dernier, son ONG a publié un rapport sur des jeunes filles qui ont été piégées sur Internet puis ramenées en Asie, en Europe et à Kinshasa, pour être possiblement exploitées.

Frédéric Feruzi

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