Le spectre permanent de la vindicte populaire qui s’intensifie dans les agglomérations de Bulongo, Lume, Rugetsi, Masambo, ainsi que Mutwanga chef-lieu du secteur Ruwenzori dans le territoire de BENI, sont pénétrés du réflexe de l’usage de la justice populaire, lorsqu’un acte particulièrement odieux voire parfois un simple chapardage a lieu et que l’auteur ou présumé auteur est identifié ou désigné parfois à tort ou à raison, la foule le met à mort si elle s’en empare cependant, au total douze meurtres ont été notifiés, dans le dernier trimestre de l’année 2020.
En effet, lorsque le présumé collaborateur de « Forces démocratiques alliées » ADF, un groupe rebelle ougandais soupçonné d’être auteurs des massacres dans la région) est capturé la foule qui s’enivre de colère n’hésite pas à attaquer les commissariats voire les camps de militaires lorsque les forces de l’ordre tentent de prévenir, l’option de se faire justice. Dans un communiqué de l’état-major des forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) rendu public le week-end dernier, certains leaders d’opinion et acteurs politiques de la zone, sont indexé dans les motivations inaliénables de cette pratique inhumaine.
En cause, l’absence totale de confiance dans la police, l’armée et la justice, il faut dire que cette défiance est fondée tant sont courant les remises en liberté « fantaisistes » mais dont l’appareil judiciaire fait commerce. La présence supposée fréquente de membre des forces de l’ordre parmi les bandits complète ce sombre tableau. Le rôle joué par certains responsables locaux va d’une implication directe dans des actes de violence populaire à des connivences pour étouffer les affaires.
A en croire maître Merveille Sikwaya de l’organisation pour l’encadrement des agriculteurs et la défense des droits de l’homme « OEADH », le mal est connu, la solution aussi, mettre fin à la corruption et à l’impunité.
Les recommandations de l’ONG OEADH au gouvernement de la RDC.
Cette structure citoyenne appelle le gouvernement à mettre un terme à l’impunité dont jouissent les auteurs d’actes de justice populaire, lesquels devraient être traduits en justice comme le sont les autres responsables d’infractions graves.
Le gouvernement devrait lancer une vaste campagne de sensibilisation du public visant à améliorer sa compréhension du système de justice pénale et à décourager la justice populaire.
Le gouvernement devrait par ailleurs remédier aux déficiences de la police et de l’appareil judiciaire qui contribuent à la perpétration de ces meurtres, a souligné cette organisation.
PAUL ZAIDI
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