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Nord-Kivu : Le mouvement citoyen Filimbi appelle les autorités à mater l’insécurité dans la ville de Goma

Nord-Kivu : Le mouvement citoyen Filimbi appelle les autorités à mater l’insécurité dans la ville de Goma

Dans un mémorandum adressé aux autorités ce lundi, 28 décembre 2020, le mouvement citoyen Filimbi à partir de Goma, ce mouvement citoyen révèle que depuis le début de l’année 2019, une série des cas de meurtres, de vols qualifiés avec violence et d’enlèvements frappe les quartiers périphériques de Goma, une ville d’environ un million d’habitants, située dans l’est de la République Démocratique du Congo.

Selon cette structure, l’aggravation rapide de cette criminalité violente a alarmé les habitants de la ville et les a poussés à réclamer une réponse plus efficace du gouvernement central, de l’exécutif provincial et local ainsi que de services de sécurité.
Des réponses communautaires et individuelles ont aussi été apportées.

« Si, depuis 2019, l’insécurité urbaine est plus élevée que jamais, la criminalité et l’insécurité urbaines ne sont pas des phénomènes nouveaux à Goma, elles s’accentuent jusqu’aujourd’hui en 2020 avec le système de 40 voleurs qui volent aisément sans être inquiétés ni poursuivis et cela aux yeux impuissants de l’autorité et sans suivi. Bien que Goma ait la réputation d’être une ville touristique, une zone de sécurité et de protection en partie, ce sont les autorités et certains hommes d’affaires qui s’accaparent en raison de leur influence politique et sociale un nombre important de policiers et de militaires attachés à leurs familles et à leurs affaires privées au détriment des nombreuses populations, » peut-on lire dans ce document d’environ 5 pages.

« Nos recherches sur le plan politique étant généralement axées sur les conflits multidimensionnels, l’impunité, les règlements des comptes dans l’est du Congo, l’insécurité en zone urbaine mérite que l’on y consacre de plus importants travaux d’enquête sérieuse et approfondie avec l’implication de toutes les couches sociales sans exception aucune afin de chercher des solutions et repartir les responsabilités des uns et des autres.
Notre demande présente les dynamiques et les diverses expériences de l’insécurité urbaine à Goma, les réponses qui y sont apportées, et leurs effets sur la cohésion sociale. Il démontre que le niveau de sécurité urbaine fluctue dans le temps et est lié à des dynamiques politiques, économiques et militaires plus larges dans la région, l’insécurité urbaine comporte clairement un élément spatial et dépend des caractéristiques d’un quartier donné à un autre, » poursuit le même document.

Face à cette situation d’insécurité qui règne à Goma, le mouvement citoyen Filimbi appelle la communauté internationale et les autorités congolaises et provinciales à envisager les mesures suivantes:

  1. Inscrire la question urbaine à l’agenda sécuritaire en adaptant les connaissances et les stratégies existantes et en allant au-delà du cadre de simple conflit;
  2. Former et équiper correctement les personnels en charge de la sécurité dans les quartiers périphériques afin qu’ils puissent répondre efficacement à l’insécurité,
  3. Mettre un terme à l’impunité en venant à bout de la dépendance entre les forces de sécurité étatiques et les criminels; il s’agira pour cela de mieux comprendre les principaux intérêts en jeu et d’investir dans le système judiciaire d’où la mise en place du système d’audience publique pour les procès des criminels et tout le monde vient assister, cas de l’assassinat de notre regretté frère Simba Ngezayo dont le dossier est resté sans suite parce que ces présumés assassins ont été transférés à Kinshasa sans que nous puissions comprendre le pourquoi,
  4. Répondre à la dimension urbaine des activités des groupes armés en considérant la ville dans le contexte des dynamiques économiques, politiques et militaires plus générales, qui engendrent un contexte opérationnel complexe pour les groupes armés et encadrement des démobilisés dans les camps de cantonnement de Mubambiro et de Bweremana,
  5. Associer les jeunes des différents quartiers, des associations locales, mouvements citoyens qui jouent un rôle actif et non négligeable dans les mesures prises par les communautés pour répondre à cette insécurité et, à ce titre, ils devraient être inclus dans les programmes pertinents afin d’assurer une collaboration de proximité entre les résidents et les prestataires de la sécurité en milieu urbain, poursuivre le projet du rapprochement civilo-militaire dans les cadres des renseignements,
  6. Remplacer en toute urgence le Maire de la ville de Goma, les bourgmestres déguisés aujourd’hui en chefs coutumiers et mettre des jeunes leaders qui comprennent les rouages de la ville,
  7. Contraint les associations des motards et celles des cambistes à se regrouper dans une seule corporation où les autorités auront la possibilité de les contrôler avec leurs chefs et leurs membres,
  8. Mettre en place un système de bouclage dans les quartiers suspects sans prévenir,
  9. Réduire le nombre de carrefours de police de circulation routière pour que ces policiers aillent au service de la sécurité de la population et laisser la tracasserie routière,
  10. Retirer et réduire le nombre des policiers détachés à des particuliers et à certaines autorités et leur demander de récupérer les agents des sociétés de gardiennage, ce qui peut créer aussi de l’emploi.

Illar Meztiller

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