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Tendance sur la toile : qu’est-ce que le fameux Syndicat qui fixe le transport à 2000Fc ?

Tendance sur la toile : qu’est-ce que le fameux Syndicat qui fixe le transport à 2000Fc ?

2000FC ou rien, ou encore 2000FC et pas plus, voilà des phrases du syndicat qui fait jaser la toile et qui se trouve soudainement populaire depuis ces deux dernières semaines.

Sur Facebook tout comme sur Whatsapp, il n’y a que ‘Syndicat Congo’ et ses directives, entre jeunes. Minute après minute, le syndicat enregistre de nouvelles allégeances, note des défections et accroit même le nombre de ses détracteurs surtout parmi les filles !

Le débat se cristallise donc autour du syndicat. Il faut être connecté sur les réseaux sociaux de la R.D.Congo pour s’en rendre compte. Pendant que les jeunes hommes tendent à endoctriner leurs pairs, parmi les filles, certaines tournent en dérision le syndicat, dont elles pronostiquent une défaite imminente, et d’autres critiquent non sans ironie ses 2000FC de transport qu’il instruit les mecs de remettre à leurs petites-amies, à l’issue de quelque rencontre que ce soit.

Les polémiques enflent souvent dans les commentaires à la suite de chaque post sur Facebook principalement, où le syndicat publie quasiment toutes les 30 minutes. Vidéos, photos, petites phrases polémiques…tout sert au syndicat pour enflammer la toile, et c’est une réussite pour lui depuis début décembre.

Des cœurs brisés à gogo à l’horizon en cas de résistance du syndicat

C’est la mise en garde que donne Nadège, une jeune fille de l’ouest de Goma, aux syndicalistes, comme se désignent les jeunes hommes qui adhèrent aux principes. Son commentaire sur le post d’un syndicaliste sur Facebook enchaine 7 autres. ‘’Ils vont rester à garder la maison de leurs parents, sans copine.’’ soutient, Espérance, une jeune femme.

Alors que Fabiola se moque et prend le transport fixé par le syndicat pour de la théorie, Bienvenue, un jeune homme, lui sort :’’2000Fc ou moins, pas plus’’.

En appui aux jeunes filles qui combattent l’émergence des idéaux du syndicat, le mouvement de filles célibataires du Congo (FCC) a vu le jour. Mais il aura beaucoup d’efforts à faire pour rejoindre la popularité unanime du Syndicat Congo sur les réseaux sociaux. Depuis ce mardi, son communiqué signé le 14 décembre 2020, pour dénoncer les 2000fc circule. Le document signé par une certaine Gloria Djuma prévient que le FCC n’est pas seul. Il bénéficie d’un soutien indéfectible de la part des Sugar-Dady (Papas qui sortent avec des jeunes filles), conclut-il.

Sur le même élan, une déclaration estampillée ‘Syndicat des Femmes’ partagée par le compte Facebook ‘Rireologie 243’ va un peu plus loin. Elle demande à toutes les femmes de fermer toutes les frontières jusqu’à la fin du dialogue intersyndical.
Fermer les frontières, c’est en d’autres mots priver le sexe à leurs partenaires qui se veulent du syndicat.

La sortie médiatique du FCC ou encore du syndicat des femmes a des allures d’une plaisanterie. Ils sous-estiment visiblement la menace, comme on va le voir dans le paragraphe suivant !

Le syndicat c’est du genre le mouvement ‘Black Lives Matter’’’, pour rendre les jeunes filles entrepreneuses !

C’est ce qu’explique Jonathan Bams, qui se présente comme le coordonateur du Syndicat Congo. Dans une interview sur Whatsapp, il déclare :’’Un jour les filles comprendront que ce combat c’est aussi et surtout pour elles’’.

Mais peut-on dire que les filles comprendront que ce combat est le leur si le syndicat n’a jamais remporté de bataille ? Les réponses que Jonathan Bams donne dans les prochaines phrases révèlent que loin d’être une simple tendance sur les réseaux sociaux, le Syndicat Congo c’est tout un mouvement qui est non seulement ambitieux mais encore il est déjà implanté.

C’est à l’initiative du rappeur ivoirien SUSPECT 95 que le syndicat a vu le jour, c’était il y’a quelques années, nous dit Jonathan Bams sans être précis. Ce n’est qu’en R.D.Congo qu’il s’appelle Syndicat Congo, mais c’est un mouvement déjà actif dans plusieurs autres pays d’Afrique et même ailleurs. ‘’Le syndicat est international, c’est un peu comme le mouvement Black Lives Matter’’, indique le coordonateur du Syndicat Congo.

Suspect 95 se fait entourer d’un comité pour diriger le mouvement au niveau international. L’équipe œuvre pour réaliser ces objectifs : rendre les femmes indépendantes, éviter les dépenses inutiles chez les jeunes et économiser pour un avenir meilleur, fait savoir Jonathan Bams.

Les réalisations du Syndicat ? Son coordonateur en R.D.Congo explique :’’Je parlerai de Libreville, Abidjan et surtout Kinshasa. Depuis un moment, c’est le tout feu toute flamme à Kinshasa. Les jeunes ont compris, ils appliquent le mot d’ordre à la lettre car ils savent que c’est dans leur avantage et celui du pays. Nous faisons du bien pour le pays’’.

Journaliste et une fois publié sur la liste de jeunes congolais les plus influents, Rodriguez Katsuva justifie le Syndicat. ‘’Cette histoire de syndicat est une très bonne occasion pour toucher sans extrémisme une question de nos sociétés en Afrique ! Il n’y a aucun besoin de s’indigner ou de jouer les frustrés ! L’humour permet de guérir aussi la société. On ne peut pas être sérieux sur chaque sujet…Oser refuser que certaines filles demandent Kabelo (Perruque) par-ci, oh argent de fête par-là, c’est de l’hypocrisie de mauvais goût !’’

De sa part, Léon Nkubiri, expert en genre et champion du genre dans un projet de l’USAID au Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC, relativise. ‘’Quand cela devient dégradant par rapport à la dignité de la femme, c’est de la violence basée sur le genre’’ explique Léon qui fait observer que toutes les jeunes femmes ne sont pas pauvres.

Jonathan Bams annonce que le syndicat va bientôt organiser une réunion publique. ‘’Au syndicat, on assume nos choix et décisions. On ne se cache pas derrière les claviers, on est cash’’, déclare-t-il.

Frédéric Feruzi

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