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VSBG dans la région des grands-lacs : l’ONU veut les journalistes en 1ère ligne de combat !

VSBG dans la région des grands-lacs : l’ONU veut les journalistes en 1ère ligne de combat !

Avec leurs micros, cameras et plumes, les journalistes atteignent plus de gens et peuvent apporter une contribution déterminante dans la lutte contre les VSBG qui minent bien la région des grands-lacs, croient l’Onu et les acteurs humanitaires.

C’est en substance ce que la représentante de l’Onu-femme dans la région des grands-lacs et la directrice du centre régional de formation sur les VSBG ont expliqué ce vendredi après-midi. C’était à l’issue d’une formation de 3 jours le vendredi 11 décembre 2020, via vidéoconférence, à l’intention des membres du réseau des journalistes de la région de grands-lacs contre les VSBG. Ceux-ci travaillent dans les 12 pays de la conférence internationale pour la région de grands-lacs (CIRGL) qui a organisé leur première formation fin 2018, à Entebbe (Ouganda), pour contribuer à faire reculer les VSBG.

La nouvelle formation s’apparentait à une sorte de rappel sur l’ampleur des violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG), leurs conséquences multiformes sur la région, les techniques de les combattre et les politiques ainsi que les législations mises en œuvre aux niveaux régional et international pour éradiquer ce que les acteurs humanitaires se conviennent désormais d’appeler un fléau dans la région des grands-lacs.

Un accent particulier a été mis, lors de cette formation, sur les violences sexo-spécifiques qui tendent à passer inaperçues dans le combat contre les VSBG dans la région des grands-lacs. C’est le cas, par exemple, de l’interdiction à la femme de manger certains repas ou de ne compter que sur le statut d’un homme pour avoir de la valeur dans la société.

Dans leurs discours, lors de la fermeture de la formation qui a duré du mercredi 9 au vendredi 12 décembre, les dames Jebbeh Forster et Clotulde Niragira, respectivement représentante de l’Onu-femme dans la région des grands-lacs et directrice du centre régional de formation sur la lutte contre les VSBG, ont sensibilisé les journalistes sur le rôle important qu’ils peuvent jouer, grâce à leur profession, dans la lutte contre les VSBG.

Un travail particulier est attendu pour la RDC qui a enregistré 45000 cas des VSBG en 2020

L’attente n’a pas été exprimée par les deux hautes-fonctionnaires citées plus haut. Elle vient de l’Onu-femme R.D.Congo et des acteurs humanitaires qui y travaillent.

D’abord exprimée lors du lancement des 16 jours d’activisme contre les VSBG, elle a été réitérée lors d’une séance de réflexion sur le fléau avec une soixantaine de journalistes de Goma et de Kinshasa, le lundi 7 décembre.

La séance s’est passée à l’initiative du fonds de nations-unies pour la population (UNFPA). ‘’Les premiers acteurs dans la lutte, c’est les médias. Vous êtes la voix qui fait la communication, la voix qui fait entendre, c’est la voix qui peut faire écouter.’’, a fait remarquer Anne-Marie Nabintu, la chargée des programmes à l’Onu-femme au Nord-Kivu.

Avec sa collègue, Christelle Seri, coordinatrice du sous-claster VBG et spécialiste VBG à l’UNFPA, elles ont chacune appelé les journalistes à ne pas se limiter aux 16 jours d’activisme pour traiter les VSBG. Elles les ont invités à étendre leur couverture au-delà de cette brève période, pour soutenir la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre.

Pour ce qui la concerne, Anne-Marie Nabintu a affirmé attendre également que les médias insèrent la dimension genre à tous les niveaux. Pour elle, cela doit passer aussi par la représentativité de femmes dans les médias. Elle s’était étonnée de la présence essentiellement masculine des journalistes dans la salle. Les experts du genre dans ce secteur plaident régulièrement que les femmes soient autant nombreuses parmi les journalistes qu’au niveau des personnes ressources, c’est-à-dire les gens à qui les journalistes donnent la parole dans les médias.

Frédéric Feruzi

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