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Nord-Kivu : les tracasseries qui asphyxient les vendeurs agricoles et font galoper les prix de denrées à Goma depuis 6 mois

Nord-Kivu : les tracasseries qui asphyxient les vendeurs agricoles et font galoper les prix de denrées à Goma depuis 6 mois

Une évolution inquiétante des prix des produits agricoles vivriers s’observe sur le marché de Goma depuis 6 mois : un sac de maïs de 100kg est passé de 30$ à 42$, celui des haricots de 90 000fc à 110 000fc et celui des maniocs de 25$ à 35$.

Ces chiffres viennent de l’UPROVEPA (Union des producteurs et vendeurs des produits agricoles). Asphyxiée, elle lance un cri d’alarme aux autorités.

Les facteurs qui entourent cette évolution défavorable des prix aux consommateurs des centres urbains et de Goma notamment, sont divers. L’UPROVEPA cite la multiplicité des taxes et des barrières illégales, le délabrement très avancé des voies de desserte agricole et l’insécurité.

Les taxes et les barrières sur tous les axes !

Les producteurs et vendeurs des produits agricoles sont actifs sur les routes du Nord-Kivu où ils font régulièrement face aux agents de la police de circulation routière (PCR), aux militaires et même à des individus isolés qui perçoivent des taxes.

S’ils ne sont pas contre le fait que l’Etat congolais fasse payer les taxes, ces commerçants ne voient pas d’un bon œil les taxes que certains des forces de sécurité créent à tour de bras. ’’Ils érigent des barrières juste pour des taxes. A chaque poste de la PCR, on exige à nos véhicules 20$ qu’ils appellent libre passage. Après ça, on nous demande de l’argent qu’on appelle rapport. Ils vérifient en suite les documents de bord dont ils ne manquent pas d’exiger une amende à la moindre trace d’erreur : c’est la contravention qui varie à partir de 100$’’, explique Athanase Ntumba, président du conseil d’administration de l’UPROVEPA.

Il poursuit qu’après les barrières de la PCR, les véhicules des producteurs et vendeurs agricoles sont arrêtés sur les barrières de l’armée congolaise.’’ Leurs barrières sont partout. Ils nous demandent de payer une taxe qu’ils appellent ‘Appui à la sécurité’. Ce qui fait mal est que vous pouvez payer l’appui à la sécurité ici et juste après 500m, on vous kidnappe. On se demande à quoi donc sert l’appui à la sécurité, une taxe qui ne figure d’ailleurs pas dans la nomenclature.’’

Athanase Ntumba en appelle à la réaction des autorités

Le coût des tracasseries et de l’insécurité, c’est le consommateur qui le supporte, fait savoir le président du conseil d’administration de l’UPROVEPA. Pour lui, il est donc nécessaire que les autorités fassent quelque chose.’’ La solution doit venir du plus haut niveau du pays. Qu’ils ramènent la sécurité, réhabilitent les routes et combattent les taxes illégales. Par rapport aux tracasseries militaro-policières, nous avons écrit au commandant de la 34ème région militaire du Nord-Kivu. Il nous a promis d’y mettre fin, mais à la grande surprise, après nous avoir répondu, la situation s’est empirée. Nous nous sommes alors adressé à l’Assemblée nationale qui n’a malheureusement jamais réagi’’.

L’insécurité qu’Athanase Ntumba a mentionnée plus haut est marquée par des kidnappings et des viols des femmes membres de l’UPROPVEPA. Pour ce qui est de l’état des routes, il indique qu’elles sont pleines de trous qui font tomber en panne leurs véhicules, de temps en temps.

Frédéric Feruzi

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