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Prévention de la malaria sur les sites de déplacés à Sake : la maison artemisia distribue du thé à des centaines d’enfants

Prévention de la malaria sur les sites de déplacés à Sake : la maison artemisia distribue du thé à des centaines d’enfants

Plus de 345 enfants ont bu du thé à base de l’artemisia sur 2 sites de déplacés de Goma, dans la cité de Sake depuis le jeudi 27 Mai. La maison Artemisia-Goma qui organise la distribution matin et soir envisage l’étendre à Kibumba.

La cité de sake, dans le territoire de Masisi et la localité de Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo, toutes deux localisées à une vingtaine de kilomètres dans l’Ouest et le nord de Goma, ont reçu des dizaines des milliers de déplacés, depuis jeudi, au matin.

Les habitants de quartiers de l’Est de Goma ont reçu l’ordre d’évacuer cette partie de la ville, à la suite d’une intense activité volcanique souterraine. Les données instrumentales de l’observatoire volcanologique de Goma (OVG) ont indiqué que la lave du volcan Nyiragongo se cherchait un passage souterrain, pour atteindre le lac-Kivu.

À Sake et à Kibumba où les déplacés sont principalement arrivés très nombreux, suite à l’alerte des autorités, aucune mesure d’encadrement n’était prévue. Plusieurs passent la nuit à la belle étoile, n’ont pas d’eau propre et de la nourriture. La situation humanitaire des déplacés de Goma s’annonce difficile, alertent régulièrement les sociétés civiles de différentes localités qui ont reçu des déplacés.

La maison Artemisia-Goma et l’association MCP, pionnières locales de l’aide humanitaire à Sake ?

C’est en tout cas ce que laisse croire la situation sur terrain. Le chef du groupement Kamuronza dont le chef-lieu est sake salue l’initiative de ces deux organismes, qui se sont empressés à apporter une aide d’urgence. Le mwami Bauma Bitsibwa Bulenda appelle d’autres organisations humanitaires à emboiter le pas.

La maison Artemisia s’inscrit dans la logique de la prévention du paludisme sur les sites de déplacés. Selon le docteur patient Kaloma Oripale, responsable de la maison Artemisia (MDA) au Nord-Kivu, offrir du thé à base d’artemisia aux déplacés permet de limiter leur vulnérabilité. Pour lui, un déplacé qui n’a pas de quoi se nourrir sera plus fragile, exposé au paludisme et n’aura pas assez de moyens pour se faire soigner.

Sur le site de la coopérative Tuungane de Sake où des dizaines d’enfants s’alignent pour boire du thé d’artemisia et des beignets, ce samedi matin, les déplacés passent la nuit dans des salles inachevées qui n’ont pas de vitres. Les moustiques peuvent aisément pénétrer et piquer. Une jeune fille déplacée d’une vingtaine d’années se plaint :’’Vous voyez sur mes joues, les moustiques m’ont piqué. J’ai aussi de la grippe et la poitrine me fait mal. Je crains de développer déjà la malaria. Nous dormons dans des mauvaises conditions’’.

Le docteur Patient Kaloma appelle à l’appui des partenaires

Dans leur attente du nouvel ordre des autorités qui pourraient les inviter à rentrer à Goma, les déplacés font face à des pénuries : eau, nourritures, abris, soins.

La maison artemisia (MDA) qui s’appuie sur l’association locale de Sake ‘MCP’ se démène, aux côtés de trois autres organisations humanitaires internationales, pour soulager le malheur des déplacés. Pour le docteur Patient Kaloma, il faut davantage de mobilisations de la part des humanitaires et des autorités congolaises, en vue d’aider les déplacés.

‘’Tel que vous voyez ici, les enfants sont tellement nombreux et notre capacité d’assistance, c’est vraiment limité. Maintenant c’est trois jours depuis que nous assistons les enfants, mais nous ne savons pas ce qui va se passer demain ou après-demain’’, explique le médecin.

Le docteur Patient Kaloma souhaite aussi apporter du thé à base d’artemisia aux déplacés qui se sont installés à Kibumba, mais ses moyens restent limités. Quoi qu’il en soit, lui et ses équipes étudient déjà la faisabilité en vue d’une prochaine distribution de thé là-bas.

La distribution du thé médicamenteux de la MDA se fait aux enfants connus pour leur fragilité au paludisme, mais aussi aux personnes vielles qui se voient exposées dans les sites de déplacés non aménagés autour de Goma, indique le docteur Patient Kaloma.    

  Par Frédéric Feruzi

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