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Covid-19 : L’artémisia, le docteur Jérôme Munyangi et son combat, jusqu’où ?

Covid-19 : L’artémisia, le docteur Jérôme Munyangi et son combat, jusqu’où ?

Plante millénaire, diverses selon les continents, l’artémisia mise en avant dans le traitement du coronavirus surtout en Afrique divise les chercheurs depuis plusieurs mois. Pionnier du recours à l’artémisia en 2018 déjà, le biologiste et infectiologue congolais en devenir Jérôme Munyangi se veut plus que jamais conforter et optimiste.

L’artémisia est sur le point de l’emporter sur d’autres solutions au Covid-19 dans le monde. C’est ce que l’on croit quand l’on écoute le docteur Jérôme Munyangi Wankola, devant la presse ce 10 septembre à Goma.
L’argumentaire du médecin récapitule la mobilisation quasi-internationale autour de cette plante qui était jusque ces derniers mois associée à la médecine traditionnelle, présentée comme un risque pour les populations africaines par les tenants de la médecine moderne.

‘’Au moins grâce à Covid, l’artémisia est entrée au Vatican…l’une des phrases du Vatican que nous avons adoré nous les tenants de l’artémisia, le pape dit que l’artémisia c’est un point d’intersession, de connexion entre un cri de la pauvreté et le cri de la Terre…Nous avons le sentiment de satisfaction aujourd’hui que les grandes institutions s’intéressent à cette de l’artémisia parce que quand nous avons commencé ce combat personne ne nous écoutait. On ne nous laissait même pas le plateau pour parler…Et aujourd’hui ce qui est plus important en tant que chercheur c’est que vous avez l’institut Mathfrunt de l’Allemagne qui fait un essai sur l’Artémisia, l’université de Kentucky (USA) qui fait l’essai sur l’Artémisia, au Danemark on fait l’essai sur l’Artémisia, au Mexique on fait l’essai sur l’artémisia. Ça vient d’où ?’’ s’est-il réjoui.

Le docteur Jérôme Munyangi s’est spécialisé surtout sur l’artémisia-Anua (variété asiatique) et l’Artémisia-Afra (variété africaine). En 2012, alors étudiant en médecine à Kinshasa, il fait une crise de paludisme et se fait soigner à l’artémisia, ce qui suscite son intérêt à la plante.

Attributs de l’artémisia
L’artémisia comporte une molécule qui était jusqu’ici connue pour son principe actif au paludisme. Fort de cette expérience, en accord avec d’autres tenants de l’artémisia, le docteur Jérôme Munyangi a commencé à y travailler en janvier dernier jusqu’à ce qu’il mette au point un protocole de traitement du coronavirus dont les recherches venaient de démontrer sa sensibilité aux molécules antipaludéennes, en l’occurrence la chloroquine.

L’équipe de chercheurs du docteur Jérôme Munyangi fut de premiers scientifiques à démontrer que le coronavirus pouvait être soigné au traitement standard de la malaria. Le protocole dont ils en ont produit pour le Covid-19 a été proposé aux ministères de la santé de divers pays d’Afrique, mais seul le Madagascar l’a pris au sérieux avant d’en faire le Covid-Organics, révèle le docteur Munyangi. Pour la grande île d’Afrique, le Covid-Organics fait ses preuves au pays malgré la persistance de l’épidémie au pays.

Le protocole de soins inspiré de l’Artémisia, visiblement négligé au départ par les pays, a toutefois simplement souffert des conséquences de la dictature médicale imposée par l’occident à l’Afrique et des séquelles de la colonisation médicale qui avait dénigré la médecine traditionnelle africaine, laisse entendre le médecin.

L’indépendance médicale de l’Afrique, deuxième combat du docteur Jérôme Munyangi ?

Pour ce médecin devenu désormais conseiller du chef de l’Etat congolais en matière de santé et de bien-être, le protocole de soins qui met au centre l’artémisia a été négligé en Afrique en raison de la dépendance de la médecine africaine au reste du monde. Or, dans le contexte du Covid-19, les décideurs devraient promouvoir l’utilisation des solutions locales pour la maitrise de crise sanitaire mondiale.

La négligence des solutions locales aux problèmes de santé sur le continent a laissé d’ailleurs champ libre au développement de toutes sortes de maladies qui sont pour la plupart issues de la transition sanitaire entre le mode de vie précolonial et postcolonial, selon le médecin.

Cette situation fait que l’Afrique connait une dictature médico-scientifique comme dans nul autre domaine, explique le docteur Jérôme Munyangi qui regrette que 60 ans après les indépendances les africains attendent toujours des traitements à leurs maux du reste du monde.

Il souhaite des solutions africaines aux problèmes africains.
La transition sanitaire a donné lieu au développement des maladies dites de civilisation (Hypertension, cancer, diabète…) dont la médecine moderne impose des traitements au grand dam des soins traditionnels qui s’avèrent aussi efficaces, selon plusieurs tenants de la médecine traditionnelle.

Pour le docteur Munyangi, la politique sanitaire des gouvernements africains devraient consister à financer les recherches pour faire ressortir le meilleur de cette médecine tant négligée par des officines pharmaceutiques qui voient plutôt l’Afrique comme un marché pour faire des bénéfices.
Le docteur Munyangi n’est pas prêt à abandonner son combat aussi longtemps qu’une place importante n’a pas été accordée aux solutions locales aux problèmes de santé en Afrique.

Si, croit le docteur Jérôme Munyangi. Il n’est pas contre la vaccination et le traitement moderne recommandés mais il rajoute l’artémisia qui soulage bien la maladie à coronavirus. Au-delà de ces solutions, la population doit rester vigilante et respecter les gestes barrières ou les mesures de prévention personnelles, souhaite le chercheur.

Le coronavirus présente-t-il encore une menace pour l’Afrique ?

Le biologiste mène deux études sur le Covid-19 et son traitement. Il veut démontrer l’efficacité de l’artémisia et d’autre part, pourquoi les africains sont si résistants au coronavirus.

C’est très important, car la maladie se répand bien au Congo, mais l’on semble l’ignorer car le pays n’organise pas de test de masses comme ailleurs, en raison des moyens insuffisants.
Avec une organisation locale de Goma dont il tait le nom, le docteur Jérôme Munyangi a mené un test sur un échantillon de 28 personnes pour se faire une idée sur la prévalence du coronavirus dans la ville où il séjourne.

L’étude a révélé que 15 des 28 personnes étaient soit malade du coronavirus, soit elles en guérissaient soit elles avaient été en contact avec le virus. Il estime que si le test est mené sur 100 000 personnes, l’on peut découvrir que 30 000 à 50 000 personnes sont malades de coronavirus à Goma. Ce qui témoigne de l’ampleur de la pandémie.

‘’Le virus circule, il est-là, il est avec nous…donc nous sommes en train de chercher surtout pourquoi les gens ne passent pas à des formes graves de la maladie’’, a déclaré le docteur Jérôme Munyangi.

Son pays, la RDC, a enregistré depuis mars dernier 10343 cas dont 9533 guéris et 262 décès alors que le monde est à 28 174 590 cas dont 18 996 409 guéris et 909 672 décès, selon les statistiques établies quotidiennement par l’OMS.

Frédéric Feruzi

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