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Gratuité de l’enseignement : Que sont-elles ces écoles hybrides qui font encore échec à la gratuité ?

Gratuité de l’enseignement : Que sont-elles ces écoles hybrides qui font encore échec à la gratuité ?

Lors de leurs discussions à la réunion de la thématique-éducation de la société civile du Nord-Kivu, ce jeudi à Goma, les enseignants ont dégagé une tendance qui va vers la suppression des écoles hybrides pour que les parents prennent en charge les classes dites de parents.

Mais qu’appelle-t-on école hybride et/ou classes de parents dans les écoles publiques ?

Les classes de parents donnent naissance aux écoles hybrides. Il convient de commencer-là les explications. Ces classes sont celles que les écoles ajoutent suite aux demandes persistantes de parents, au fil des années, d’inscrire leurs enfants dans une école publique donnée. La demande de parents peut consister parfois en la création d’une nouvelle section dans une école secondaire, fait savoir Julienne Kasilamu, team-leader de la thématique-Education de la société civile, forces vives, du Nord-Kivu.

Du coup, les classes ou section des parents créent des écoles hybrides. Celles-ci portent l’adjectif hybride du fait que ces classes ou section ne sont pas reconnues par l’Etat congolais qui leur livre des arrêtés d’ouverture d’écoles avec un nombre de classes et de sections précis et budgétisé pour être pris en charge officiellement.

A partir de quel moment les écoles hybrides freinent la gratuité ?

Le gouvernement congolais, sans moyens suffisants pour payer l’ensemble des enseignants, devient bien sélectif pour éviter des dépenses inappropriées. A différentes reprises, il a organisé l’identification des enseignants sans parvenir à dégager leur liste définitive. L’un des problèmes réside au niveau des enseignants qui dispensent dans plusieurs écoles hybrides des cours dans les classes reconnues par l’Etat et dans celles créées par les parents. Il est de même des enseignants uniquement engagés pour donner cours dans ces classes de parents.
On voit que l’identification de tels enseignants pose un sérieux problème. Les derniers deviennent des N-U (Nouvelles unités) et les premiers sont identifiés comme enseignants réguliers pour les classes reconnues par l’Etat mais ils restent dans le dilemme lorsqu’ils ont des heures payables des cours qu’ils donnent dans les classes de parents.

D’un coté, on trouve des enseignants qui sont à la fois reconnus par l’Etat mais qui sont tentés de grever car ils donnent cours dans les classes de parents. D’autre part, on trouve un gouvernement qui a des écoles où enseignent des N-U non budgétisés.

Faut-il fermer les classes de parents et exclure certains enfants à l’éducation ou évoluer avec une partie des enseignants payés, ce qui entretient des mouvements de grève interminables ? Un défi pour le gouvernement congolais !

Que faire pour régler le cas des écoles hybrides ?

Lors de leurs discussions, ce jeudi à Goma, les enseignants ont vu la nécessité pour le gouvernement de séparer les classes reconnues aux arrêtés délivrés aux écoles des classes dites de parents. Cette séparation permettrait de mettre fin au phénomène N-U qui sont ces enseignants des classes de parents qui ne sont pas budgétisées par l’Etat Congolais.
Les enseignants trouvent inhumain et moins solidaire que les enseignants matriculés et les N-P pris en charge désormais soient les seuls payés dans les écoles publiques. Cela aurait des conséquences non seulement sur le plan psycho-social mais aussi n’apporterait pas de stabilité dans les écoles quand les enseignants N-U n’ont pas accès à leurs salaires.

Bien qu’ayant leurs salaires régulièrement, les enseignants matriculés et les N-P nouvellement pris en charge, pourraient par conséquent reprendre la grève à la prochaine rentrée scolaire, par solidarité au N-U, dans le cas où ils ne sont pas également payés par le gouvernement congolais.
Pour prévenir la grève, les enseignants proposeront dans les jours à venir que les parents continuent de payer les enseignants N-U qui travaillent dans les classes dites de parents une fois que le gouvernement accepte de les séparer des écoles publiques ou de les proclamer classes privées.

Lors de son adresse aux enseignants ce mercredi, le vice-ministre de l’enseignement primaire, secondaire et technique a promis de présenter au conseil des ministres les recommandations des enseignants. Au sujet des N-U, Didier Budimbu a prévenu que le gouvernement fait d’énormes efforts pour arriver à les payer. Il a révélé que la banque mondiale, qui a promis le financement de la gratuité de l’éducation de base en RDC, a conditionné la sortie de l’argent par la prise en compte des enseignants N-U dans la budgétisation de la paie des enseignants congolais.

Frédéric Feruzi

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