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Lubero : deux magistrats pour environ deux millions d’habitants, déplorent forces sociales et politiques

Lubero : deux magistrats pour environ deux millions d’habitants, déplorent forces sociales et politiques

Certains justiciables doivent parcourir jusqu’à 100Km pour retrouver leur juge naturel, sans toutefois être sûrs de rentrer satisfaits, révèle l’Ong de droits de l’homme, convention pour le respect de droits de l’homme (CRDH).

A en croire une correspondance du député national, élu du territoire de Lubero, Alexandre Muhasa, datant du 17 aout, il n’existe qu’un magistrat au parquet et un autre au tribunal de paix(Tripaix) du territoire de Lubero. Qui plus est, le président de cette dernière juridiction vient d’être affecté à Butembo, depuis le 6 aout, comme juge d’instance, ce qui complique davantage l’affaire, fait remarquer le député.

Lors de son passage au Tripaix ce vendredi 21 aout, le coordonateur de la CRDH, Olivier Kinzandu, affirme avoir observé qu’il n’y a pas eu d’audience en matière pénale en raison de l’absence de président. Des justiciables venus de Graben, Mangurejipa et des abords du lac-Édouard, à environ 80Km, ont par conséquent dû rentrer.

Loin de permettre le bon fonctionnement de la justice dans le territoire de Lubero, l’insuffisance du personnel judiciaire fait que les jugements sont prononcés en dehors de normes légales. D’autre part, ‘’cela laisse planer des doutes sur la crédibilité des juges en amplifiant les suspicions de corruption dans le chef de la justice par la population’’, souligne le député Alexandre Muhasa.

Renforcer le personnel judiciaire pour limiter les conséquences

Dans sa correspondance qu’il adresse au président du conseil supérieur de la magistrature à Kinshasa, le député Alexandre Muhasa appelle à la nomination d’un nouveau président au Tripaix et à l’augmentation du nombre de magistrats pour, dit-il, redynamiser la justice et éviter le risque de voir la population de Lubero recourir aux moyens illégaux pour se rendre justice.

La CRDH adhère à cette position et estime qu’il est inacceptable de muter un juge sans envisager son remplaçant. Pour maitre Olivier Kinzandu, le seul juge que compte aujourd’hui le Tripaix-Lubero ne peut pas siéger en matière pénale alors que plusieurs dossiers restent en souffrance. Même situation pour le parquet de Lubero.

De son coté, l’autre élu de Lubero au niveau provincial, Emmanuel Kabuyaya, va un peu plus loin. Il pense que la réduction du nombre de juges au Tripaix-Lubero vise à dissoudre cette instance judiciaire qui sert pourtant 1 825 000 habitants.

Dans l’attente de la réaction du conseil de la magistrature, la population du territoire de Lubero devra prendre son mal en patience pour un délai que seul l’avenir sait

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